Les plantes qui font dormir... !

Les plantes soporifiques sont tellement efficaces que la plupart des pays ont préféré en interdire l'usage, craignant des effets sociaux catastrophiques .  

Quand la vie est trop dure, quoi de plus tentant que d'avaler une boisson ( un philtre, disait-on dans le vocabulaire ancien de la sorcellerie), manger une fleur ou fumer une plante qui vous plongerait dans un profond sommeil, vous faisant tout oublier ??

Les 8 meilleurs plantes pour un sommeil réparateur 


Dans l'ordre des meilleurs plantes pour le sommeil , je citerai :

La valériane, le houblon, la passiflore, l'aubépine, le tilleul, la ballote, le coquelicot ( pétales), la verveine officinale .

  • VALERIANE Valeriana officinalis : Elle soulage l'agitation et les troubles du sommeil dûs à des états nerveux . plusieurs études confirment son efficacité comme sédatif ( calmant) pour l’insomnie passagère (1). Son principal mécanisme d'action passe par le système GABA ( gamma amino butyrique acide), le neurotransmetteur de la relaxation.(2)

        Les dosages de valériane recommandés vont de 3 à 9 g de racine séchée par jour . En teinture , la dose usuelle est de 

        2.5 à 5 ml / jour , ou 30 à 60 gouttes jusqu'à 4 fois /jour. Les principes actifs de la valériane sont lyposolubles 

        solubles dans un corps gras ) ce qui fait qu'elle est peu efficace en tisane . 

  • HOUBLON Humulus lupulus : il est plus connu pour la fabrication de la bière mais il est très efficace contre les états anxieux , l'agitation et les troubles du sommeil. Il faut en prendre 0.5 à 1 , 3 fois /jour. En teinture, la dose habituelle est de 1 à 2 ml , 3 à 4 fois par jour, selon vos besoins.
  • PASSIFLORE Passiflora incarnata : elle calme les palpitations, régule l'humeur et provoque un net ralentissement de l'activité de l'organisme .Elle doit son activité sédative à la présence de certains flavonoïdes et alcoloïdes de la famille des harmalines. Une cuillère à soupe associée éventuellement à l'aubépine, à la valériane et au houblon( Une cuillère à soupe de chaque )...Laisser bouillir 3 minutes puis infuser 10 mn et boire une demi-heure avant le couché ( Recette de Michel Pierre , Herboristerie du Palais Royal . ).

A propos de la tisane du soir !

Le gros inconvénient de la tisane vespérale ( celle qu'on prend le soir) et qu'elle remplit la vessie au mauvais moment...les hommes d'un certain âge, ayant de petits soucis de prostate, sont alors réveillés par une pressante envie, se lèvent, réveillent leur conjointe au passage et voilà une nouvelle nuit ruinée .

Dans ce cas l'usage de comprimés se justifient et vous retrouvez le "totum" de la plante ( c'est à dire toutes les parties de la plante ) alors que dans une infusion, vous n'aurez que les parties qui s'infusent dans l'eau chaude..



Les teintures  ( plante ayant macérée dans l'alcool ) sont pratiques car quelques gouttes suffisent, diluées dans un fond d'eau, tout comme les huiles essentielles diluées dans un peu d'huile.


Si vous préférez malgré tout faire de la tisane , veillez à ne pas utiliser d'eau bouillante qui peut détruire certains arômes et principes actifs ; la température idéale d'infusion est autour de 85 - 90 °C.


Osez les mélanges !

N'hésitez pas enfin à essayer plusieurs plantes, car chacun réagira selon son tempérament. Vous pouvez également tenter le mélange comme par exemple : Valériane/Houblon/passiflore . 


L'association Valériane / Houblon en particulier, a fait l'objet de plusieurs études, dont une dans laquelle on l'a comparée à une benzodiazépine, le lorazépam ( Ativan) . La combinaison valériane-houblon a été aussi efficace que l'Ativan et a occasionné moins de diminution de la vigilance et d'effet résiduel du matin (3) . 


Somnifères : un sevrage par les plantes 

Utilisés en France par une personne sur 5, les somnifères et les anxiolytiques créent une dépendance tout en détériorant la qualité du sommeil réparateur : Ils diminuent voire suppriment la phase de repos paradoxal, qui est le seul récupérateur . 

Pour se sevrer, Certains phytothérapeutes préconisent d'utiliser la valériane et la passiflore qui vont agir de concert sur les centres du sommeil et de l'addiction, tout en réduisant l'anxiété. Il faut toujours procéder progressivement , en baissant petit à petit les somnifères et en prenant en parallèle les plantes . En général , cela se fait sur une période de 2 à 3 mois mais tout dépend de la durée initiale de la prise de somnifères . Comme tous sevrage, une forte motivation est nécessaire .



Pour aller plus loin sur les plantes soporifiques... 

Vous vous souvenez de l’histoire d’Ulysse lorsqu'il accosta sur la terre des Lotophages, légendaires mangeurs de la plante de lotos :


« Dès que mes compagnons eurent mangé le doux lotos, ils ne songèrent plus ni à leur message, ni au retour ; mais, pleins d’oubli, ils voulaient rester avec les Lotophages et manger du lotos. Et, les reconduisant aux navires, malgré leurs larmes, je les attachai sous les bancs de la cale ; et j’ordonnai à mes chers compagnons de se hâter de monter dans nos navires rapides, de peur qu’en mangeant le lotos, ils oubliassent le retour. » (Homère, L’Odyssée)


Tout oublier, c’est l’effet recherché. Ulysse est obligé « d’attacher ses chers compagnons » aux bancs du bateau pour les emporter, « malgré leurs larmes »… Cela n’est pas sans rappeler un drogué réclamant sa dose !


Mais les hommes connaissent de nombreuses plantes qui plongent dans un profond sommeil et font tout oublier : le pavot, dont sont dérivées l’héroïne et la morphine utilisée en médecine ; les solanacées, une grande famille de plantes à laquelle appartiennent les pommes de terre, les tomates, les poivrons, les aubergines… Elles contiennent un poison, la solanine, qui peut plonger dans le coma et entraîner la mort. Utiliser des feuilles de tomates pour une infusion est potentiellement mortel .


Leur problème est que ces plantes soporifiques ne “reposent” pas. Mais ce n’est pas forcément l’effet recherché !


La belladone, plante des sorcières ...et des belles italiennes .

Dans la famille des solanacées, la plante la plus connue pour ses effets soporifiques est la belladone, qu’on utilisait encore pour anesthésier les malades au XIXe siècle.


Lors des sabbats, au Moyen Âge, les sorcières mélangeaient la belladone à d’autres plantes toxiques pour former une pommade. Appliquée sur la peau, elle provoquait des hallucinations. Les sorcières avaient alors l’impression de voler ou encore de voir le diable [5].


Le nom belladone vient de l’italien bella donna, « belle dame ». À la Renaissance, les Italiennes élégantes instillaient dans leurs yeux du jus de belladone, ce qui dilate la pupille et donne un regard profond et chargé de désir. Nous avons en effet cette réaction naturelle d’avoir la pupille qui se dilate devant un objet suscitant notre envie, et des expériences ont montré que c’est également le cas en amour, ce qui fait réagir la personne regardée, qui se sent désirée.


La belladone faisait aussi légèrement loucher, ce qui, à l’époque, était un signe de beauté, d’où l’expression « avoir une coquetterie dans l’œil ».


Aujourd’hui, la belladone est strictement réservée à l’usage pharmaceutique. À petite dose, elle est un calmant et un puissant antidouleur. On l’utilise contre la toux, mais ses effets toxiques pour le système nerveux ont entraîné sa suppression de nombreuses spécialités pharmaceutiques.

                                                                                                                      Valérie Stoll , EDH 2015

 

 

Sources :

1] 1- Balderer G et al. Effects of valerian on human sleep. Psychopharmacology (Berl) 1985;87(4):406-9

2- Gerhard U et al. Vigilance decreasing effect of 2 plant derived sedatives (texte en Allemand)Shweiz Rundsch Med Prax 1996;85(15):473-81.

3- Bourin M et al. A combination of plant extracts in the treatment of outpatients with adjustment disorder with anxious mood : controlled study versus placebo. Fundam Clin Pharmacol 1997; 11(2):127-32

4- Sakamoto T et al. Psychotropic effects of Japanese valerian root extract. Chem Pharm Bull (Tokyo) 1992Mar; 40(3):758-61.

[2] Ortiz JG, Nieves-Natal J, Chavez P. Effects of Valeriana officinalis extracts on [3H]flunitrazepam binding, synaptosomal [3H]GABA uptake, and hippocampal [3H]GABA release. Neurochem Res 1999 Nov;24(11):1373-8. 

[3] Shmitz M, Jackel M. Comparative study for assessing quality of life of patients with exogenous sleep disorders treated with hops-valerian preparation and a benzodiazepine drug. (en allemand). Wien Med Wochenschr 1998;148(13):291-8. 

Jean Marc Dupuis , Santé Nature innovation lettre d'information

Plantes et santé n° 163, Décembre 2015.

 

Photos :

http://www.bourgogne-nature.fr/fr/quelle-flore-en-bourgogne_95.html

http://sante-medecine.journaldesfemmes.com/contents/2241-houblon-vertus

Valérie Stoll

 

                                                                                           

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